
Fayçal Bettioui, Meilleur Cuisinier de l'Année Gault&Millau Maroc 2026 : « Cette distinction ouvre un nouveau chapitre »

Être sacré Meilleur Cuisinier de l'Année lors de la première édition du Guide Gault&Millau Maroc marque un tournant. Pour Fayçal Bettioui, cette distinction dépasse la reconnaissance personnelle : elle symbolise l'essor d'une gastronomie marocaine ambitieuse, portée par une nouvelle génération de chefs et des équipes engagées. Entre émotion, attachement aux produits du terroir et volonté de transmettre, le chef revient sur ce moment fondateur et évoque les défis qui l'attendent.
Lorsque votre nom a été annoncé comme Meilleur Cuisinier de l'Année Gault&Millau Maroc 2026, quel a été votre premier sentiment ?
J'ai ressenti une immense joie et beaucoup de fierté. Bien sûr, cette récompense est un honneur personnel, mais j'y vois surtout une reconnaissance pour le Maroc. Être distingué lors de la toute première édition du Guide Gault&Millau Maroc est particulièrement symbolique. Cela montre que notre gastronomie franchit une nouvelle étape et qu'elle a désormais toute sa place parmi les grandes scènes culinaires internationales.
Que représente cette distinction dans votre parcours ? Un aboutissement ou le début d'une nouvelle aventure ?
Je la considère clairement comme le début d'un nouveau chapitre. J'avais déjà eu la chance d'être récompensé en Allemagne en 2016 et 2017, mais cette fois, c'est différent. Cette distinction met le Maroc à l'honneur. Elle donne une nouvelle dimension à mon parcours et m'encourage à poursuivre le travail avec encore plus d'exigence.
Quelles sont les valeurs qui ont le plus influencé votre façon de cuisiner ?
Ma plus grande source d'inspiration reste le Maroc et la richesse de ses produits. Les poissons, l'huile d'olive, les tomates, les épices… Notre terroir est exceptionnel. J'ai quitté le Maroc à l'âge de 17 ans, et cette distance a créé une forme de nostalgie. Aujourd'hui, à travers ma cuisine, je retrouve ces saveurs qui ont marqué mon enfance et je cherche à les mettre en valeur avec respect et modernité.
À qui avez-vous pensé en recevant cette récompense et quel rôle vos équipes ont-elles joué dans cette distinction ?
J’ai pensé à mon équipe. Rien de tout cela ne serait possible sans ces jeunes passionnés qui travaillent chaque jour avec enthousiasme et exigence. Les restaurants évoluent, les standards deviennent de plus en plus élevés et nous devons constamment progresser. Cette distinction récompense autant leur engagement que le mien. Ensemble, nous voulons montrer que la gastronomie marocaine est capable d'atteindre les plus hauts niveaux.
Quel conseil donneriez-vous au jeune cuisinier que vous étiez à vos débuts ?
Je lui dirais de ne rien changer. Toutes les décisions prises, les difficultés rencontrées et les choix effectués m'ont conduit jusqu'à cette distinction. Avec le recul, je lui conseillerais simplement de voyager encore davantage afin de rencontrer d'autres chefs, découvrir de nouvelles cultures culinaires et continuer à enrichir sa vision de la cuisine.
Quels sont désormais vos prochains défis ?
Le premier est de confirmer. J'aimerais conserver ce titre en 2027, mais mon ambition va au-delà d'une récompense. Je souhaite bâtir une maison qui traverse le temps, qui ne soit pas un simple effet de mode. J'espère aussi contribuer à faire partie de cette première génération de chefs qui fera durablement rayonner la gastronomie marocaine et ouvrira la voie à celles qui suivront
Par Véronique. Beauvois
La table III Casablanca





































